Quoi de plus évident que d'emprunter à la Gestalt-Théorie (ou Théorie de la Forme) quelques éléments utiles à l'observation des formes géométriques créées par les aspects, dans nos représentations à deux dimensions des thèmes astrologiques ? C'est en effet une des meilleures sur cette question et son application en Astrologie est des plus pédagogique, même s'il faut relativiser certains de ses postulats, trop subjectifs, jamais démontrés, voire carrément abandonnés depuis longtemps ...
Néanmoins, en étudiant les lois de la structuration perceptive des formes, aussi bien interne à notre cerveau qu'externe liée à l'objet, on se rend compte de leur importance intermédiaire entre la sensation brute, de type behavioriste (nos seuls 5 sens) et l'émergence de leur sens abstrait, liée à la culture, astro en ce cas présent.
Sensation-Perception-Signification forment donc un trio inséparable, spécifiquement humain, utilisé aussi bien en vie ordinaire qu'en démarche artistique, et l'on ne peut, dans le cadre astrologique qui nous occupe, passer sous silence cet aspect des Aspects !

Une autre difficulté surgit : en quoi la représentation circulaire astrologique, évacuant les distances interplanétaires (argument anti-astrologique récurrent, non sans fondement, mais contré par la hiéarchisation de l'I.G.), peut-elle témoigner du réel et de la dynamique du système solaire ? Un aspect de trigone (écart angulaire de 120°) entre Mercure et Pluton couvre un sacré champ gravitationnel ! A-t-il le même poids de réalité qu'un trigone Mercure-Vénus ? C'est pareil pour tous les aspects : alignement (conjonction 0°), quadrature (carré 90°), sextil (60° demi-trigone) et de nombreux autres liés aux diviseurs spatio-temporels utilisés. Se réclamer d'une tradition astrologique multimillénaire comme justification, peut se retourner facilement : depuis si longtemps, on a tellement cru au seul géocentrisme que l'absence de "révolution copernicienne" dans le milieu astrologique est un non-sens donnant raison aux "zanti" ! Un comble à notre époque, que rien ne justifie vraiment, si ce n'est le poids de l'habitude lié à celui du chiel et de "sa chape de plomb" bloquant l'Intégration en moderne humanité. Mais comme "tant la chose en preuve abonde", l'impasse héliocentrique des astrologues n'en n'est qu'une parmi bien d'autres ...

Un petit dessin valant mieux qu'un long discours, je vous propose celui-ci, car je n'ai pas de réponse claire et définitive, si ce n'est qu'en plus de l'observation astronomique, limitée par l'horizon terrestre, l'observation astrologique a une vertu de communion visuelle avec tout l'ensemble du système solaire, malgré sa réduction schématique :

Comme on le voit fort bien sur cette comparaison astro-Logie/Nomie, la forme (gestalt en allemand) des aspects interplanétaires est incomparablement plus observable en représentation astrologique qu'astronomique, alors que les positions et l'orientation sont les mêmes. A contrario, l'astronomique nous fait toucher de l'œil la réalité des distances, bien qu'il soit nécessaire de quand même "tricher" avec l'orbite de Pluton, trop grande pour être fidèle à 100 % sur l'échelle du dessin, et de grossir les positions de Mercure à Mars pour les regarder.
Du coup, s'il est impossible d'utiliser la représentation astronomique sans altération réaliste, la réduction circulaire astrologique de l'écliptique tient toujours la route ...

J'insiste donc essentiellement sur "la vertu pédagogique gestaltiste", en évitant soigneusement l'hyper-signification symbolique des formes prédéfinies (comme en Astrologie humaniste et transpersonnelle, par exemple), car l'unique avantage de cette approche est d'améliorer l'observation des thèmes, alors que les interprétations subjectives de la "géométrie du ciel" sont très loin d'avoir prouvé leur pertinence ...
Par sa fraîcheur enfantine (niveau R), notre regard sur ces dessins développe une rapidité singulière, enrichit notre coup d'œil global, favorise une meilleure mémorisation de l'ensemble et aide indirectement nos capacités d'analyse et de synthèse.
On peut, et même on doit, discuter de la valeur de cette démarche purement "R". Toutefois, il arrive, contre toute attente des esprits uniquement symbolistes ou rationalistes, que la seule observation des formes créées par les aspects fait parfois plus facilement "entrer dans le thème" que de savants calculs. Les débutants vous en seront reconnaissants ...
Même si son rôle n'est pas interprétatif, la méthode de l'HérOmbre lui étant très largement supérieure sur ce point, c'est un excellent entraînement de la mémoire visuelle.
Les Aspects et leurs théories seront explicités dans le SoriAspectral de la rubrique suivante, car ici nous abordons leurs formes uniquement.

Exemples généraux des Formes-Aspects:
 

 

Ils nous montrent des formes "fermées", celles que la perception visuelle retient le plus facilement, prouvant la prégnance naturelle de la forme entre nos structures perceptives internes et celles de l'objet observé. Cette "prégnance de la bonne forme" a fait couler beaucoup d'encre chez les pro et anti-gestaltistes, car sa prétendue "universalité" pose problème : il est des cultures ou la perspective n'est pas aussi intégrée que dans la nôtre, par exemple.

Or, en Astrologie, il y a pléthore permanente de formes ouvertes, semi-ouvertes, semi-fermées et fermées !
Par exemples, celles-ci, mais elles sont si nombreuse et variées que seule une pratique assidue vous fait avoir "le bon œil" :

Les formes-aspects des thèmes héliocentriques, présents dans la rubrique thèmes, ont été copiées-collées telles quelles, sans symboles planétaires ni Signes écliptiques, puis converties en noir et blanc, ce qui permet une mémorisation bien plus aisée de chaque forme, unique, ne l'oublions pas ... On se souvient mieux d'une figure géométrique épurée, au point qu'elle reste gravée dans l'esprit pendant longtemps et permet même souvent de reconnaître un thème au premier coup d'œil ! Très utile quand on en étudie un grand nombre. Et lorsqu'ensuite il faut réintègrer Planètes et Signes, le fruit de ces observations, décomposées en deux parties avec et sans symboles, a une telle qualité mémorielle que je n'ai aucun mal non plus à me souvenir des 4 thèmes d'un instant cosmique !

Si l'on dessine à la main, comme je l'ai fait durant de nombreuses années avant d'avoir un Mac, un simple calque sur le cercle intérieur suffit : on s'imprègne alors de la forme-aspects, en conservant l'orientation propre de chaque référentiel, se dégageant des significations attribuées aux planètes et aux Signes, ce qui est loin d'être le plus facile, afin de la mémoriser en elle-même.

Ce travail, qui peut sembler inutile à beaucoup, possède une autre qualité, abordée dans les principes méthodologiques, celle de nous apprendre de manière ludique la retenue interprétative nécessaire à cette méthode. Cela est si vrai qu'au bout d'un moment de pratique, on arrive à le faire sans plus avoir besoin de dégager concrètement la gestalt de son fond : l'œil ignore délibérément les signaux graphiques provenant des symboles planétaires et des Signes, s'attachant à en extraire de visu la particularité formelle, qui s'imprègne dans l'esprit bien plus aisément.

En résumé, cette double démarche donne une aisance plus grande au fur et à mesure de nos expériences astrologiques : savoir distinguer forme et fond, apprendre à voir sans précipitation interprétative, et bien mémoriser chaque détail de la globalité des 4 thèmes du DXA.